Épilation au laser et à la lumière pulsée : ce qui a changé depuis 2024
Pendant longtemps, l'épilation au laser a été présentée comme strictement interdite aux esthéticiennes, réservée aux médecins. Ce n'est plus tout à fait vrai depuis 2024 — mais ce n'est pas non plus devenu une technique libre d'accès. Voici ce que dit réellement le cadre actuel.
Ce que dit la loi sur l'épilation au laser depuis 2024
Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, précisé par un arrêté du 19 février 2025, a ouvert l'épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique aux esthéticiennes formées — une activité auparavant réservée aux médecins. Cette évolution a été confirmée par le Conseil d'État. Concrètement, cela signifie qu'une esthéticienne peut légalement pratiquer ce type d'épilation, mais uniquement dans un cadre non thérapeutique et sous réserve de remplir des conditions précises.
Les obligations concrètes de formation
La formation n'est pas optionnelle, et sa durée est fixée réglementairement :
4 jours pour le laser seul (1,5 jour de théorie, 2 jours de pratique, 0,5 jour d'évaluation)
2,5 jours pour la lumière pulsée seule
5 jours pour les deux combinés
Un recyclage d'une journée est obligatoire tous les cinq ans, ainsi qu'une journée de formation aux premiers secours (PSC1). Ces formations doivent être suivies auprès d'organismes habilités — un manuel de perfectionnement, aussi complet soit-il, ne remplace pas cette obligation légale de formation certifiante.
Les obligations de sécurité au quotidien
Au-delà de la formation initiale, la réglementation impose un affichage visible des risques et contre-indications en institut, la remise d'une fiche d'information à chaque cliente, un examen de la peau avant chaque séance pour vérifier l'absence de contre-indication, et une maintenance régulière et documentée des appareils utilisés.
Ce qui reste hors de portée des esthéticiennes
La visée thérapeutique (traitement de pathologies cutanées, de certaines lésions vasculaires ou pigmentaires à but médical) reste strictement réservée aux médecins, de même que certains appareils dont la puissance ou la classification les rattache à un usage médical. La frontière entre « esthétique » et « thérapeutique » n'est pas toujours intuitive : en cas de doute sur un appareil ou une indication, la prudence — et la vérification directe du texte réglementaire — s'impose.
Ce cadre récent protège autant les clientes que les praticiennes : bien le connaître, c'est éviter un contrôle DGCCRF qui tourne mal, mais aussi exercer une technique en toute confiance.
Le manuel Épilation au Laser vous aide à comprendre la technique et son cadre d'usage en institut — il complète votre formation certifiante obligatoire, il ne s'y substitue pas.
Sources : Légifrance — Décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 relatif aux actes d'épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique · economie.gouv.fr — FAQ Encadrement des soins esthétiques et de la coiffure (DGCCRF)



Commentaires